EMIRATES POULES D’ESSAI DES POULAINS ET DES POULICHES
LUNDI 1er JUIN – HIPPODROME DE DEAUVILLE
 

29/05/2020
L’hippodrome de Deauville-La Touques accueille ce lundi 1er juin les Emirates Poules d’Essai des Poulains (15 h 50) et des Pouliches (16 h 25).

Alors que les partants définitifs et les places à la corde ont été désignés ce vendredi, découvrez les dernières informations sur ces deux Groupes 1 à destination de la génération des 3ans.
 
 
• Les Poules d’Essai, le premier grand test pour la génération classique
Les Poules d’Essai sont qualifiées de courses classiques, c’est-à-dire qu’elles sont réservées aux poulains et aux pouliches de 3 ans, dans le but de sélectionner les meilleurs reproducteurs de la race du pur-sang. Elles se disputent sur la distance de 1.600 mètres (un mile anglais), qui requiert à la fois des qualités de vélocité et une certaine capacité à résister à la distance.
Tout en étant un objectif en soi, les Poules d’Essai peuvent aussi servir de rampe de lancement aux deux autres classiques du printemps, le Prix du Jockey Club et le Prix de Diane Longines. Ces deux courses ont lieu sur 2.100 mètres, sur la piste de Chantilly. Certains chevaux, vrais spécialistes du mile, ne peuvent pas fournir la même valeur avec 500 mètres supplémentaires, et resteront donc sur la filière des milers (spécialistes des 1.600 mètres), en rencontrant plus tard dans l’année leurs aînés.
D’autres ont suffisamment de tenue pour s’épanouir également sur 2.000 mètres et plus. Ils peuvent ainsi viser le prestigieux doublé « Poule d’Essai & Jockey Club ou Diane ». Plusieurs doublés ont eu lieu dans les années récentes : Shamardal (2005), Lope de Vega (2010) et Brametot (2017) pour les mâles ; Divine Proportions (2005), Zarkava (2008), Golden Lilac (2011), Avenir Certain (2014) et La Cressonnière (2016) pour les femelles.
Parmi tous ces cracks, une seule est parvenue à remporter ensuite le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, véritable championnat du monde des pur-sang : il s’agit de la grande Zarkava, qui s’est retirée au haras invaincue en octobre 2008.
 
• Deauville, remplaçante de luxe
La crise sanitaire mondiale n’est pas sans conséquence pour les courses. Après un arrêt de deux mois, les compétitions ont pu reprendre le 11 mai, mais à huis-clos renforcé et uniquement sur les hippodromes situés en zone verte. C’est ainsi que les Poules d’Essai, qui se disputent traditionnellement début mai sur la piste de ParisLongchamp, ont été repoussées au 1er juin et trouvent refuge sur l’hippodrome de Deauville-La Touques.
Ce n’est pas une première pour l’hippodrome normand qui a déjà accueilli ces deux épreuves en 2016 et 2017, lors des travaux de ParisLongchamp. La spécificité de l’hippodrome de Deauville est sa longue ligne droite, qui permet d’offrir un parcours rectiligne aux candidats, ce qui est également le cas dans la version anglaises des Poules (les Guinées de Newmarket). Si les places à la corde sont primordiales sur le parcours avec tournant de ParisLongchamp, car il est important de bien se placer avant la première courbe qui arrive vite, elles le sont beaucoup moins en ligne droite. Ainsi, on peut gagner avec un petit numéro à la corde comme Brametot et Précieuse en 2017 (stalle 3) ; mais aussi avec un numéro à l’extérieur, comme The Gurkha en 2016 (stalle 11).
 
• Un vrai billard pour accueillir les champions
Le meeting d’août est traditionnellement le pic annuel pour l’hippodrome de Deauville. Mais sa piste est bien entendu entretenue toute l’année, d’autant que quelque 800 galopeurs s’entraînent sur le site, et peuvent l’utiliser lors de « galops spéciaux », avant les grands rendez-vous.
Franck Le Mestre, qui gère à la fois l’hippodrome et le centre d’entraînement, a tout mis en œuvre pour que « sa » piste soit un vrai billard ce week-end :
« Nous avons arrosé abondamment la piste dimanche soir, après la réunion de courses. Elle a été tondue lundi à 13 cm. L’objectif est de l’avoir à 3,3 ou 3,4 dimanche et lundi matin, pour avoir un bon terrain l’après-midi. Je dois dire que mon équipe a réalisé un super travail pendant le confinement : la piste a été entretenue quotidiennement malgré les réductions d’effectif. Depuis deux mois, nous n’avons eu que très peu de précipitations, et il va faire encore très beau jusqu’à lundi. Donc le programme est assez simple : on arrose, on tond et on roule ! »
 
Pour consulter la vidéo des préparatifs, veuillez cliquer ici : https://youtu.be/kZNgK_Gq8d4
Aucune précipitation n’est attendue d’ici lundi. Le temps sera ensoleillé lundi, avec des températures maximales avoisinant les 23 °C.
 
• Les hommes forts des Poules
Le Cantilien André Fabre est le plus titré parmi les entraîneurs au départ de la Poule d’Essai des Poulains. Il a déjà remporté la course à sept reprises et sellera encore cette année l’un des favoris, Victor Ludorum, ainsi qu’Arapaho et Alson, deux bonnes chances. Il compte « seulement » trois victoires dans le pendant pour les femelles, mais sera là encore très bien représenté grâce à Tropbeau et Tickle me Green.
 
Jean-Claude Rouget, dont les effectifs sont partagés entre Pau et Deauville, compte quant à lui quatre victoires dans la Poule d’Essai des Pouliches, et avec l’invaincue Simeen, il pourrait bien égaler, au palmarès de la course, des légendes comme François Mathet et Alec Head (cinq victoires chacun).
Simeen porte la casaque de Son Altesse l’Aga Khan, qui compte déjà quatre victoires dans la Poule d’Essai des Pouliches, ce qui en fait la plus titrée au départ. Cette casaque a aussi remporté huit fois la version masculine, mais n’y aura pas de représentant cette année.
Soulignons aussi que Jean-Claude Rouget a vu ses pensionnaires s’imposer à deux reprises quand la course s’est tenue à Deauville (Brametot chez les mâles, en 2017, et La Cressonnière, en 2016, chez les femelles), alors que Fabrice Chappet a remporté son premier classique sur cette piste deauvillaise et dans cette épreuve en 2017, grâce à Précieuse.
 

 
• Le casting de l’Emirate Poule d’Essai des Poulains
 
 
15 h 50 • EMIRATES POULE D’ESSAI DES POULAINS
Groupe 1 - Poulains entiers de 3ans - 1.600 mètres - 360.000 €
# Corde Partant Propriétaire(s) Entraîneur Jockey Éleveur(s)
1 3 ALSON Mme Corinna Baronin Von Ullmann A. Fabre V. Cheminaud Gestüt Schlenderhan
2 5 THE SUMMIT Mme Jacques Cygler H.-A. Pantall O. Peslier Jedburgh Stud
3 9 CÉLESTIN Écurie Normandie Pur-Sang F. Chappet S. Pasquier Écurie Normandie Pur-Sang
4 7 SHINNING OCÉAN (suppl.) Écurie Normandie Pur-Sang C. Ferland C. Soumillon T. de la Héronnière
5 2 VICTOR LUDORUM Godolphin SNC A. Fabre M. Barzalona Godolphin
6 8 KENWAY Haras de la Gousserie F. Rossi T. Bachelot Guy Pariente
7 1 ARAPAHO Mme S. Magnier, D. Smith & M. Tabor A. Fabre P.-C. Boudot Ecurie Peregrine SAS
8 6 RESHABAR Eric Schwaiger M. Munch T. Piccone Concept Real AG
9 4 ÉCRIVAIN Wertheimer & Frère C. Laffon-Parias M. Guyon Wertheimer & Frère
 
 
- Le favori : VICTOR LUDORUM
Il était l’attraction de la réunion du 11 mai, qui a sonné la reprise des courses françaises. Mais, trop frais, le poulain de Godolphin n’a pu conclure que troisième du Prix de Fontainebleau (Groupe 3), préparatoire de référence pour la Poule d’Essai. Ce fils du grand Shamardal, lauréat de cette course en 2005 et disparu en avril dernier, avait surclassé l’opposition en octobre 2019 dans le Qatar Prix Jean-Luc Lagardère, le jour de l’Arc de Triomphe. Il a un talent fou mais a parfois du mal à canaliser son énergie débordante. En ce sens, le parcours rectiligne peut être un piège, mais il a la qualité nécessaire pour s’imposer.
 
- Le challenger : THE SUMMIT
The Summit a remporté le Prix de Fontainebleau (la préparatoire de référence pour la Poule d’Essai) de bout en bout, après avoir été battu du minimum pour sa première apparition à 3 ans dans le Prix Omnium II (Listed). Entraîné à Beaupréau par Henri-Alex Pantall, qui a remporté la Poule des Pouliches l’an dernier avec Castle Lady, The Summit avait montré des moyens à 2 ans, terminant troisième du Prix de Condé (Gr3), puis cinquième du Critérium de Saint-Cloud (Groupe 1), couru en terrain lourd. Il a incontestablement franchi un cap cette année. Il porte la casaque de Madame Jacques Cygler. C’est sous cette casaque qu’a longtemps couru la championne Sistercharlie, avant d’être achetée par l’Américain Peter Brant. Deuxième du Prix de Diane 2017, Sistercharlie enchaîne depuis les succès aux États-Unis. Elle y a reçu le titre de meilleure femelle sur le gazon en 2018, et a remporté pas moins de sept Groupes 1.
The Summit a été acheté seulement 16 000 €, yearling, à la vente Arqana, par le courtier Paul Nataf qui travaille depuis de longue date avec les époux Cygler. Il a été élevé par Alec Waugh (Jedburgh Stud) en Normandie, et c’est un fils de l’étalon Wootton Bassett, basé au haras d’Étreham en Normandie. Wootton Bassett est déjà père d’un champion, Almanzor, devenu à son tour étalon.
 
- La belle histoire : KENWAY
C’est tout le Sud-Est qui supportera Kenway. Ce pensionnaire de Frédéric Rossi, basé sur le centre d’entraînement de Calas-Cabriès, près d’Aix-en-Provence, porte les couleurs du haras de la Gousserie, propriété de Kamel Chehboub, figure emblématique des courses du Sud-Est de la France. Kenway est le plus expérimenté des poulains au départ, puisqu’il a déjà couru à neuf reprises. Il avait enthousiasmé l’an passé lors de son succès dans le Prix La Rochette, un Groupe 3 qui prépare au Qatar Prix Jean-Luc Lagardère. Kenway n’a pu se montrer menaçant dans le Groupe 1, sur un terrain assoupli qu’il n’a pas apprécié. Il vient de se classer quatrième du Prix de Fontainebleau, à une courte tête seulement de Victor Ludorum.
Kenway a été élevé par Guy Pariente. Cet homme d’affaires a bâti son élevage autour de son étalon fétiche, Kendargent, le grand-père maternel de Kenway. Galiway, le père du poulain, officie au haras de Colleville au côté de Kendargent. Kenway appartient à sa première production et a contribué à la réussite de ses débuts comme étalon.
Kenway a été acheté 56 000 € aux ventes de yearlings Arqana. Il faut dire que sa mère, Kendam, était une toute bonne jument de course, gagnante du Prix Eclipse (Groupe 3) notamment. Quant à Galiway, il a débuté la monte à 3 000 € et officie désormais à 10 000 €, vu les résultats en course de ses premiers produits.

• Le casting de l’Emirate Poule d’Essai des Pouliches
 
 
16 h 25 • EMIRATES POULE D’ESSAI DES POULICHES
Groupe 1 - Pouliches de 3ans - 1.600 mètres - 300.000 €
# Corde Partant Propriétaire(s) Entraîneur Jockey Éleveur(s)
1 11 SIMEEN S.A. l'Aga Khan J.-C. Rouget C. Soumillon S.A. l'Aga Khan
2 6 TROPBEAU Lady Bamford A. Fabre M. Barzalona Lord Margadale
3 10 TICKLE ME GREEN Mme Heike Bischoff-Lafrentz A. Fabre P.-C. Boudot Gestüt Gorlsdorf
4 1 MARIETA Cuadra Mediterraneo M. Delcher Sanchez T. Piccone Cuadra Mediterraneo
5 12 MAGEVA A. Gilibert, H. Guy, G. Barbarin & B. Chalmel F. Chappet S. Pasquier EARL Haras Saint-James
6 9 DÉSOBÉISSANCE B. Giraudon, Éc. des Mouettes & Éc. S. Stempniak F. Vermeulen G. Mossé Mme Ome. Mc Keever
7 3 DREAM AND DO Haras du Logis Saint Germain F. Rossi M. Guyon Haras du Logis Saint Germain
8 2 YOMOGI Shinji Okamoto H. Shimizu J. Moutard Fair Salinia &  A. Sundstrom
9 8 MY LOVE'S PASSION Passion Racing Club Y. Barberot T. Bachelot P. Chedeville
10 7 SPEAK OF THE DEVIL Rashit Shaykhutdinov F. Chappet C. Demuro H. Viallon
11 5 EMOJI Team Valor International F.-H. Graffard O. Peslier B. Dietel & T. Jordan
12 4 ELLERSLIE LACE Berend Van Dalfsen M. Delzangles V. Cheminaud Berend Van Dalfsen
 
- La favorite : TROPBEAU
Tropbeau fait office de favorite logique, tant son parcours pour arriver sur cette Poule d’Essai est irréprochable. La pouliche de Lady Bamford (dont la casaque avait brillé dans le Prix de Diane Longines en 2015 grâce à Star of Seville), entraînée à Chantilly par André Fabre, s’est imposée pour sa rentrée dans le Prix de la Grotte (Groupe 3), la préparatoire de référence, prouvant ainsi qu’elle pouvait « tenir » les 1 600 mètres. À 2 ans, elle avait en effet montré beaucoup de vitesse, lorsqu’elle s’était imposée dans les Prix Six Perfections et du Calvados (disputés sur la ligne droite deauvillaise !). Son entourage avait ensuite fait le choix d’aller défier les anglaises à domicile, dans les Cheveley Park Stakes (Groupe 1), où elle n’avait pas démérité en se classant troisième.
 
- La challenger : SIMEEN
Simeen constitue l’opposition principale à Tropbeau. La pouliche de Son Altesse l’Aga Khan, préparée à Deauville par Jean-Claude Rouget, est tout simplement invaincue en trois sorties. Comme il aime à le faire, Jean-Claude Rouget lui a concocté un programme « protégé », en lui évitant les combats difficiles avant le jour J. Bilan : deux victoires en deux sorties à 2ans, et un succès également pour sa rentrée, le 13 mai, dans une Classe 1 à Chantilly. Ne vous fiez pas à l’écart à l’arrivée (courte tête). Christophe Soumillon a pianoté pour ne pas trop en demander à sa partenaire. C’est lundi que le tandem se donnera à fond !
 
- La belle histoire : MY LOVE’S PASSION
Comme Simeen, My Love’s Passion connaît l’hippodrome de Deauville comme sa poche, car elle s’y entraîne tous les jours, sous les ordres de Yann Barberot, ex-jockey devenu entraîneur il y a une douzaine d’années. Et il y aura du monde (devant Equidia !) pour encourager My Love’s Passion, car la pouliche appartient à une écurie de groupe, Passion Racing Club, dirigée par Marcel Chaouat, ancien administrateur délégué de l’hippodrome de Deauville. C’est une centaine de passionnés qui ont uni leurs moyens pour financer une écurie de course, composée d’une vingtaine de galopeurs. My Love’s Passion a été achetée pour seulement 10 000 €, alors qu’elle était yearling, et a déjà remporté à ses copropriétaires plus de dix fois cette somme ! La pouliche a livré sa meilleure performance à Deauville, en se classant l’an passé deuxième du Darley Prix Robert Papin (Groupe 2), sur 1 200 mètres. Elle n’a jamais couru sur plus long que 1 200 mètres, mais son entourage souhaite se faire plaisir en ayant un partant dans cette grande course. My Love’s Passion a mérité sa place au départ !
 
 
• L’avis des professionnels au départ des Emirates Poules d’Essai
 
- Carlos Laffon-Parias, entraîneur d’Écrivain
« Écrivain a très bien couru dans le Prix de Fontainebleau. C’était une préparatoire et l’objectif a toujours été la Poule d’Essai. Ce fut une course de rentrée idéale. Le tracé en ligne droite ne m’inquiète pas. En revanche, j’espère que la piste sera bonne mais pas trop légère, ce qui peut faire mal aux chevaux. »
 
- Lisa-Jane Graffard, représentante en France de Godolphin, propriétaire de Victor Ludorum
« André Fabre est très content du poulain, il est en pleine forme. Avoir un partant dans un classique est toujours un grand moment. Dans le Prix de Fontainebleau, il était un peu trop frais, il avait besoin de cracher son feu. Cette course lui a fait du bien. Nous vivons une année avec des circonstances exceptionnelles et il a fallu que tout le monde s’adapte, hommes comme chevaux. Le seul point d’interrogation que nous avons concerne la ligne droite, qu’il va découvrir. »
 
- Mauricio Delcher Sanchez, entraîneur de Marieta
« Malheureusement pour nous, courir en la ligne droite ne joue pas en notre faveur. Ce n’est pas l’idéal pour les chevaux qui sont un peu juste en tenue, contrairement aux parcours avec tournant qui permettent de respirer davantage. Marieta est en forme. Nous avons eu du temps pour la préparer. Il s’agira de sa rentrée. La décision de ne pas lui avoir donné une course auparavant m’appartient et je l’assume totalement. Sa course préparatoire devait être logiquement le Prix Imprudence (Groupe 3), mais elle a disparu du programme. L’autre option était le Prix de la Grotte (Groupe 3, 1 600m), mais lui faire courir cette distance juste avant la Poule me semblait inopportun. Je suis encore plus satisfait de ne pas l’avoir alignée dans cette épreuve depuis que nous savons que la Poule va se courir non plus à ParisLongchamp, avec son tournant, mais à Deauville. Tropbeau m’a fait très bonne impression lors de la préparatoire, mais plus globalement, ce sont toutes de bonnes pouliches qui ont mérité de prendre part à l’épreuve et qui sont estimées par leurs entourages. Même si je méfie de chacune d’entre elles, nous n’avons pas vu jusqu’ici, à l’exception de Tropbeau, une crack qui soit imbattable. »
- Frédéric Rossi, entraîneur de Dream and Do et Kenway
« Mes deux pensionnaires ont bien travaillé mardi. C’était un travail d’entretien : ils ont effectué leur rentrée trois semaines avant la Poule, en faisant un long voyage pour monter de Marseille à Paris. Tous les voyants sont au vert. Kenway m’a rassuré dans le Prix de Fontainebleau. Beaucoup de choses n’étaient pas pour lui et il courait très bien. Il va arriver sur cette Poule d’Essai en position d’outsider mais est capable de bien faire. Pour moi, l’annonce du passage sur la ligne droite de Deauville a été une excellente nouvelle, c’est sur ce type de parcours qu’il est le meilleur, le rythme va l’aider. Dream and Do a fait une très bonne rentrée dans le Prix de la Grotte. Elle était un peu fraiche et n’était pas à 100 % pour cette course. Avant le coup, il faut battre les pouliches de Monsieur Fabre mais je trouve que cette Poule d’Essai des Pouliches est ouverte. Dream and Do a bien travaillé, a pris du poids grâce à cela et je la crois capable de bien faire. »
- Fabrice Chappet, entraîneur de Célestin, Speak of the Devil et Mageva
« Speak of the Devil avait gagné brillamment pour ses débuts, à Deauville, en octobre dernier. Pour sa rentrée, face aux mâles, elle a eu une excellente leçon. Elle avait hérité d’un mauvais numéro dans les stalles, et nous voulions lui donner une course école. Elle a fini remarquablement, et n’est battue que par Shinning Ocean, qui a été supplémenté dans la Poule d’Essai des Poulains. Depuis, elle a très bien travaillé. Reste à voir si elle est aussi efficace contre les meilleures pouliches de sa génération, et sur un terrain ferme. J’aurais aussi aimé l’amener sur cet objectif avec une course en plus, mais vu les circonstances, elle ne sera sans doute pas la seule à se présenter avec un bagage de deux sorties.
Comme elle, Mageva a été une brillante lauréate pour ses premiers pas, et comme elle, c’est une fille du remarquable étalon Wootton Bassett, qui a prouvé sa capacité à produire des classiques. Le Prix Imprudence ayant été supprimé, nous avons choisi de lui faire effectuer sa rentrée dans le Prix du Pont-Neuf (Listed, la catégorie juste en dessous des Groupes), sur 1 400 mètres, parce qu’elle a de la vitesse et peut se montrer un peu brillante. Elle aussi a eu une course école, et elle a eu un très bon comportement, livrant une excellente fin de course derrière Arapaho, qui sera au départ de la course pour les poulains. C’est une vraie pouliche de bon terrain. Elle aura donc les conditions qu’elle adore lundi. 
La rentrée de Célestin est tout à fait correcte. Il est sans doute plus performant en terrain souple mais il a parfaitement le droit de s’aligner au départ. Il est en grande forme. »
 
- Yann Barberot, entraîneur de My Love’s Passion
« La pouliche a bien travaillé et la Poule d’Essai a lieu à la maison. Le fait que la Poule soit en ligne droite est encore mieux pour nous ! En ligne droite, My Love’s Passion respire bien, ce que tous les chevaux ne savent pas faire. Elle a travaillé mardi sur le parcours qu’elle retrouvera lundi. Si elle peut courir comme elle a travaillé... C’est un challenge mais je trouve cela amusant. Nous nous présentons en outsider mais c’est une pouliche qui a de la qualité. Il reste à savoir si elle va tenir les 1.600 mètres. Si nous prenons une place, nous serons contents ! Grégory Benoist étant accidenté, c’est Théo Bachelot qui lui sera associé. Il l’a montée dans le Prix Robert Papin, il la connaît. »
 
- Francis-Henri Graffard, entraîneur d’Emoji
« Emoji va très bien. Elle est mieux que dans le Vanteaux : elle avait travaillé très mollement avant la course et il s’est avéré qu’elle était en chaleur pour cette course. De plus, elle a flotté dans la ligne droite : je suis sûr qu’elle est une pouliche de 1.600 mètres. Emoji est une jument de terrain souple et elle n’aura pas ce terrain-là. Mais elle est vraiment bien le matin à l’entraînement, alors nous y allons.»