Jeudi 1er juin 2017

PRESENTATION DES 12 PARTANTS DU QIPCO PRIX DU JOCKEY CLUB ET INFORMATIONS SUR LE PRIX

PRESENTATION DES 12 PARTANTS DU QIPCO PRIX DU JOCKEY CLUB                  

1 – BRAMETOT (Corde : 1)

Entraîneur : Jean-Claude Rouget
Propriétaires : Al Shaqab Racing & Gérard Augustin-Normand
Jockey : Cristian Demuro

Brametot défend l’entraînement de Jean-Claude Rouget, tenant du titre de ce QIPCO Prix du Jockey Club avec Almanzor. Gérard Augustin-Normand, son copropriétaire, a aussi des parts dans Almanzor. Brametot est un poulain assez spectaculaire dans son style. En six sorties, il n’a rencontré qu’une seule fois la défaite et son jockey, Cristian Demuro, avait pris la responsabilité de cette dernière, ayant « tendu » le poulain pour recoller au peloton alors qu’il était mal parti. Le départ est en effet le péché mignon de Brametot : il ne sort pas très vite des stalles de départ et peut évoluer décollé de ses adversaires. Mais c’est ainsi qu’il est le meilleur : dernier et bien détendu pour placer sa redoutable pointe de vitesse dans la ligne droite. Brametot reste sur un succès dans l’Abu Dhabi Poule d’Essai des Poulains, sur les 1 600 mètres en ligne droite de Deauville. C’était sa deuxième sortie de l’année 2017 où, pour sa rentrée, il avait remporté de toute une classe le Prix de Fontainebleau, un Groupe 3 préparatoire à la Poule.

Brametot n’a jamais couru sur plus long que 1 600 mètres, mais il connaît Chantilly et, étant donné sa façon de courir, il devrait s’adapter aux 2 100 mètres, à condition d’être bien détendu. La seule interrogation le concernant vient aussi de sa façon de courir car, en musardant à l’arrière-garde, il risque de devoir virer à l’extérieur dans le dernier tournant, perdant donc du terrain. Un nombre de partants pas trop élevé est donc un avantage et son jockey le connaît par cœur. Brametot est issu de la première production d’un étalon basé au Haras de la Cauvinière, Rajsaman, et sa mère est une sœur de Monsun, un père qui a marqué l’élevage allemand.

2 – WALDGEIST (corde : 5)

Entraîneur : André Fabre
Propriétaires : Gestüt Ammerland, Newsells Park Stud, Michael Tabor & Mme Susan Magnier
Jockey : Pierre-Charles Boudot

Waldgeist a longtemps figuré parmi les candidats au Derby d’Epsom, disputé sur 2 400 mètres. Mais c’est finalement vers le QIPCO Prix du Jockey Club que ce pensionnaire d’André Fabre a été dirigé. Ce changement de tactique peut surprendre. En effet, ce poulain, qui a beaucoup de tenue dans son pedigree, a été battu lors de sa rentrée, dans le Prix Greffulhe (Gr2), sur 2 000 mètres, une distance jugée alors trop courte pour ses aptitudes. Ce jour-là, il a été très nettement dominé par Recoletos, qui effectuait sa troisième sortie de 2017 et sera au départ du QIPCO Prix du Jockey Club.

À 2 ans, Waldgeist a débuté par une très belle victoire, de deux longueurs, face à une opposition de qualité. Depuis, son dauphin, Called To The Bar, a gagné son Groupe. Encore tendre et sans doute pas assez précoce, il fut dominé de peu au début du mois d’octobre, dans le Prix de Condé (Groupe 3), par des chevaux qui ont ensuite eu du mal à confirmer. Vingt jours plus tard, Waldgeist a pris sa revanche sur les deux poulains qui l’avaient devancé dans le Groupe 3. Il les a en effet battus dans le Critérium de Saint-Cloud (Groupe 1), en laissant une très belle impression visuelle. Sur 2 000 mètres en terrain souple, il a dominé d’une longueur Best Solution, qui a depuis remporté une préparatoire aux Derby anglais et irlandais à Lingfield.

Dimanche à Chantilly, Waldgeist va devoir sortir le grand jeu pour confirmer l’estime que son entourage lui accordait l’an dernier en le qualifiant de poulain de Derby. Son père, Galileo, est le meilleur étalon du monde et il est connu pour transmettre de la tenue. Sa mère, Waldlerche, a gagné le Prix Pénélope (Groupe 3,  sur 2 100 mètres). Cette dernière est une sœur de Masked Marvel, meilleur 3 ans sur les longues distances de l’année 2011 en Europe et notamment lauréat du St Leger (Gr1) de Doncaster. La troisième mère a remporté le St Leger allemand avant de produire Waldpark, lauréat du Derby outre-Rhin.

3 – ORDEROFTHEGARTER (Corde : 9)

Propriétaires : Derrick Smith, Mme John Magnier & Michael Taborµ
Entraîneur : Aidan O’Brien
Jockey : J.-A. Heffernan

Orderofthergarter est l’un des trois atouts des irlandais de Coolmore dans ce QIPCO Prix du Jockey Club. Michael Tabor, l’un de ses associés, a déjà remporté cette épreuve. C’était en 1999, avec le crack Montjeu, devenu ensuite un étalon très influent. Montjeu était entraîné en France par John Hammond, mais l’immense majorité des chevaux de Coolmore sont entraînés en Irlande par Aidan O’Brien, l’homme aux cinq Derby d’Epsom, mais qui n’a encore jamais remporté le Derby français.

Orderofthegarter est un fils de Galileo, le meilleur étalon du monde, qui est basé à Coolmore. Sa famille maternelle a principalement brillé sur le sprint ou le mile, mais Galileo reste un gage de tenue. Orderofthegarter s’est pleinement révélé en début d’année 2017, en Irlande, où il a impressionné pour ses deux sorties, avant d’être dirigé sur l’Abu Dhabi Poule d’Essai des Poulains. Il s’est classé cinquième de l’épreuve, à près de dix longueurs de Brametot, le lauréat. Orderofthegarter devra donc avoir progressé pour espérer l’emporter ce dimanche, mais il ne part pas battu d’avance non plus. Il n’a encore jamais couru au-delà de 1.600 mètres, mais dans la Poule d’Essai, il a été un temps pris de vitesse et s’est bien ressaisi. Les cinq cents mètres de plus que comptent le Prix du Jockey Club pourraient donc lui plaire.

4 – TAJ MAHAL (corde : 2)

Entraîneur : Aidan O’Brien
Propriétaires : John Magnier, Michael Tabor & Derrick Smith
Jockey : D. O’Brien

Taj Mahal n’est autre que le propre frère de Gleneagles. Ils sont tous les deux issus de Galileo et de You’resothrilling. Gleneagles a remporté les 2 000 Guinées de Newmarket mais aussi les St James’s Palace Stakes (Groupes 1), entre autres. Taj Mahal est aussi le frère de Marvellous qui est elle aussi gagnante classique puisqu’elle a remporté les 1 000 Guinées

irlandaises (Groupe 1). You’resothrilling est également la mère de Coolmore, cinquième de La Cressonnière dans le Prix de Diane Longines, pendant pour les femelles de ce QIPCO Prix du Jockey Club. Taj Mahal est donc né dans la pourpre. You’resothrilling est une propre sœur du champion Giant’s Causeway, lauréat du Prix de la Salamandre, des St James’s Palace Stakes, des Coral Eclipse, des Sussex Stakes, des International Stakes, des Champion Stakes et deuxième du Breeders’ Cup Classic (Groupes 1). Taj Mahal s’est quant à lui classé cinquième du Critérium de Saint-Cloud de Waldgeist. Pour sa rentrée à 3 ans, le poulain a terminé deuxième des Leopardstown 2 000 Guineas Trial Stakes (Listed), sur 1 600 mètres. Il sera monté par l’un des fils d’Aidan O’Brien, Donnacha.

5 – RECOLETOS (corde : 12 )

Entraîneur : Carlos Laffon-Parias
Propriétaire : Darpat France
Jockey : Olivier Peslier

Supplémenté pour participer au QIPCO Prix du Jockey Club, Recoletos n’a pas connu la défaite cette année. Il a effectué sa rentrée dans un maiden, le Prix des Trois Massifs à Fontainebleau, où il s’est imposé sans aucune opposition en quatre longueurs et demie. Vainqueur ensuite d’une Classe 1 à Saint-Cloud, il a dominé le Prix Greffulhe (Groupe 2), s’imposant de deux longueurs et demie devant Waldgeist, également au départ de ce QIPCO Prix du Jockey Club. Il est entraîné par Carlos Laffon-Parias, qui n’a pas encore inscrit son nom au palmarès de la course, pas plus que son propriétaire, Darpat France, c’est-à-dire Dario Hinojosa. La dernière victoire d’Olivier Peslier dans cette épreuve date de 2013, avec Intello.

Recoletos est un fils de Whipper, lauréat des Prix Morny, Maurice de Gheest et Jacques Le Marois (Grs1) sur la ligne droite de Deauville. Mais on trouve dans sa production des chevaux capables de tenir plus de 2 100 mètres, à l’image du placé de Groupe 1 Very Nice Name. Recoletos a néanmoins de la tenue dans son origine maternelle. Sa mère, Highphar, a donné plusieurs gagnants sur plus de 2.000 mètres. La troisième mère, Sharata, est une demi-sœur du champion Shahrastani, qui a remporté les Derby d’Espom et d’Irlande.

6 – BAY OF POETS (corde : 3)

Entraîneur : Charlie Appleby
Propriétaire : Godolphin
Jockey :  William Buick

Bay of Poets est capable du meilleur comme du pire. Il a été supplémenté par son entourage pour prendre part à l’édition 2017 du QIPCO Prix du Jockey Club. Le meilleur, c’est une très impressionnante victoire sur la piste synthétique de Kempton à 2 ans, face à un lot qui s’est ensuite révélé être de modeste facture. Le pire,  ce sont les trois huitièmes places qui ont suivi, dans les Juddmonte Royal Lodge Stakes (Gr2), dans le Racing Post Trophy (Gr1) de Rivet et dans le Critérium International de Thunder Snow.

Pour sa rentrée à 3 ans, ce pensionnaire de Charlie Appleby s’est classé troisième de l’Investec Derby Trial (L, 2 000 mètres) à Epsom. Vu à l’arrière-garde pendant le parcours, il n’a pas eu toutes ses aises dans la phase finale mais a signé un très beau passage avant de se classer troisième. Le lauréat, Cracksman, sera l’un des favoris du Derby d’Epsom. Le 12 mai, sur 2 100 mètres, Bay of Poets s’est classé deuxième des Dee Stakes. Il a encore une fois galopé parmi les derniers pendant le parcours. Mais à Chester, la ligne droite n’est pas très longue et malgré une belle fin de course, il n’a pas pu refaire son retard sur Cliffs of Moher qui est engagé dans le Derby d’Epsom. Ce dernier est actuellement deuxième favori du classique anglais selon les bookmakers.

Lope de Vega, le père de Bay of Poets, a gagné le Prix du Jockey Club, comme son grand-père Shamardal, et il est connu pour transmettre de la vitesse. Il y a beaucoup de tenue du côté maternel. Sa mère est une fille de Montjeu (Jockey Club ancienne version sur 2 400 mètres) et elle a déjà produit Burma Gold, lauréat du St Leger italien. La troisième mère a produit la championne Borgia, une des rares femelles à avoir battu les mâles dans le Derby allemand.

7 – D’BAI (corde : 7)

Entraîneur : Charles Appleby
Propriétaire : Godolphin
Jockey : James Doyle

D’Bai est un fils de l’un des étalons les plus recherchés au monde, Dubawi. Côté maternel, c’est aussi très bien : avec le même étalon, sa mère a produit Dubawi Gold, lauréat de Groupe 2 et surtout deuxième des 2 000 Guinées irlandaises et des QIPCO 2 000 Guinées (Groupes 1). D’Bai portera les couleurs bleues de Godolphin et il est entraîné à Newmarket par Charlie Appleby.

Il s’est classé deuxième de Trais Fluors pour sa rentrée, dans le Prix de Pontarmé (Listed) après avoir déçu en terrain lourd dans le Critérium de Saint-Cloud (Gr1, sur 2 000 mètres) remporté par Waldgeist, qu’il retrouvera ici. À 2 ans, il a terminé troisième des Champagne Stakes (Groupe 2) avant de s’imposer d’une tête dans les Silver Tankard Stakes (Listed). Il découvrira la distance de 2 100 mètres lors de cette édition 2017 du QIPCO Prix du Jockey Club.

8 – SOLEIL MARIN (corde : 11)

Entraîneur : André Fabre
Propriétaire : Godolphin
Jockey : Mickaël Barzalona

Soleil Marin a été supplémenté pour participer au QIPCO Prix du Jockey Club. Il a débuté sa carrière sous les couleurs de Madame Élisabeth Fabre avant d’être acquis par Godolphin au préalable à son succès dans le Prix Noailles (Groupe 3). Comptant trois victoires en cinq sorties à 2 ans, Soleil Marin a fait sa rentrée en 2017 dans le Prix François Mathet (Listed). Lutteur, il galope en règle générale près de la tête du peloton et a une grande capacité d’accélération quand il est attaqué par ses adversaires. Il est entraîné par André Fabre, tout comme Al Wukair, l’un des favoris de la course. Godolphin a remporté son dernier Prix du Jockey Club en 2005 avec Shamardal, en revanche, Mickaël Barzalona ne l’a pas encore gagné.

Ce poulain appartient à une très belle famille. C’un fils de Kendargent et de Sousmarine. Il est d’ailleurs apparenté à Plumatic, également partant dans ce QIPCO Prix du Jockey Club 2017.

9 – WAR DECREE (corde : 8)

Entraîneur : Aidan O’Brien
Propriétaires : Andrew Rosen, John Magnier, Michael Tabor & Derrick Smith
Jockey : Ryan Moore

War Decree sera rallongé dans ce QIPCO Prix du Jockey Club, lui qui n’a couru que sur 1 400 et 1 600 mètres. Il n’a d’ailleurs pas pu s’illustrer pour sa rentrée dans les Craven Stakes (Groupe 3), disputés sur 1 600 mètres. War Decree a tout de même terminé son année de 2 ans sur un succès dans les Qatar Vintage Stakes (Groupe 2, sur 1 400m). Pour ses débuts, le poulain entraîné par Aidan O’Brien s’était imposé d’une longueur et demie devant Orderofthegarter, également en lice dans ce QIPCO Prix du Jockey Club 2017. War Decree est un fils de War Front et Royal Decree, fille de Ticker Tape. Cette deuxième mère du poulain a remporté les Queen Elizabeth II Challenge Cup Stakes (Groupe 1). Elle est une sœur de Brando, lauréat de Groupe 3 en Grande-Bretagne.

10 – BE MY SHERIFF (corde : 6)
Entraîneur : Miroslav Rulec
Propriétaire : Nadine Siepmann
Jockey : Théo Bachelot

Be My Sheriff sera la touche d’exotisme de l’édition 2017 du QIPCO Prix du Jockey Club. Son entraîneur, Miroslav Rulec, est un Tchèque installé outre-Rhin. Après avoir débuté dans son pays de naissance, en Allemagne, le poulain a couru trois fois en France, à chaque reprise sous la selle de Théo Bachelot, qui participe à son premier QIPCO Prix du Jockey Club. Deuxième sur la P.S.F. de Cagnes-sur-Mer pour sa rentrée à la fin du mois février, il s’est ensuite classé sixième du Prix La Force (Gr3, 1 800 mètres), face à un lot de qualité et sur une distance trop courte pour ses aptitudes. De retour à Chantilly, sur 2 000 mètres, Be My Sheriff a survolé le Prix de Laigneville (Classe 1). Ce jour-là, il a passé le poteau en tête avec cinq longueurs d’avance, en terrain souple. Mais son entraîneur assure qu’il est aussi efficace en bon terrain. Be My Sheriff sera le premier partant dans une épreuve classique de Miroslav Rulec. On retrouve un certain classicisme dans son origine. En effet, son père, Lawman, a gagné le Prix du Jockey Club et a déjà produit un placé de cette épreuve, Dicton. Sa deuxième mère, Maid of Kashmir est placée de la préparatoire au Prix de Diane allemand.

11 – RIVET (corde : 4)

Entraîneur : William Haggas
Propriétaire : The Starship Partnership
Jockey : Lanfranco Dettori

Entraîné par William Haggas, Rivet nous arrive d’Angleterre. Il a déjà couru en France, où il s’est classé troisième de l’Abu Dhabi Poule d’Essai des Poulains sur les 1 600 mètres en ligne droite de Deauville, en mai dernier. Ce jour-là, Rivet terminait à trois longueurs des deux premiers, Brametot et Le Brivido, ne pouvant pas placer la même accélération qu’eux pour finir. Il sera certainement plus à l’aise sur 2 100 mètres, car il manque d’un peu de vitesse pour être un champion miler à 3 ans. Rivet n’est pas n’importe qui. À 2 ans, il a remporté le Racing Post Trophy, un Groupe 1 sur 1 600 mètres qui sacre le meilleur poulain de sa génération sur la distance. William Haggas, son entraîneur, n’a jamais remporté le Prix du Jockey Club, mais il a entraîné un gagnant de Derby, celui d’Epsom, avec Shaamit en 1996. Jockey de Rivet, l’Italien Lanfranco Dettori a inscrit à trois reprises son nom au palmarès du Jockey Club : en 1992 avec Polytain, en 2005 avec Shamardal et en 2007 avec Lawman.

Côté pedigree, Rivet est un fils de Fastnet Rock, étalon de Coolmore qui fait la navette entre l’Australie et l’Irlande. Sa mère, Starship, est une fille de Galileo, actuellement le meilleur étalon du monde. La famille maternelle de Rivet allie à la fois de la vitesse, avec la championne sprinteuse Superstar Leo par exemple, et de la tenue, avec Mahler, gagnant de courses de tenue comme le Queen’s Vase et placé dans des courses de longue distance comme le St Leger de Doncaster et la Melbourne Cup, la « course qui arrête une nation ».

12 – PLUMATIC (corde : 10)

Entraîneur : André Fabre
Propriétaire : Wertheimer & Frère
Jockey : Maxime Guyon

Plumatic est né dans la pourpre. C’est un fils du top-étalon Dubawi – père du gagnant de Jockey Club New Bay – et de Plumania, qui fut une championne, lauréate du Grand Prix de Saint-Cloud (Groupe 1) et du Prix Corrida (Groupe 2). Plumatic est le deuxième produit de la jument et il est l’un des trois atouts d’André Fabre dans ce Prix du Jockey Club… Enfin, il est aussi le moins expérimenté de tous. Issu d’une famille tardive, Plumatic a couru pour la première fois en mars 2017. C’était à Saint-Cloud et il faisait impression ce jour-là, montrant une très belle pointe de vitesse – ce que l’on appelle le turn of foot – pour s’imposer dans un bon style. Estimé, il a monté plusieurs échelons d’un coup pour sa deuxième sortie, étant aligné dans le Prix de Guiche, Groupe 3 faisant partie des principales préparatoires au QIPCO Prix du Jockey Club. Ce jour-là, il n’a pu faire mieux que deuxième mais la météo avait été très mauvaise et le terrain, très souple. Or, Plumatic n’a pas une grande action mais beaucoup de fréquence dans son mouvement et, sur une piste très humide, il n’a pas pu accélérer efficacement. Le QIPCO Prix du Jockey Club ne sera que la troisième course de ce joli poulain, très signé par son père, Dubawi, avec une belle tête et un physique tout en puissance. Il peut encore manquer d’expérience à ce niveau, mais si la piste est rapide, son accélération peut lui permettre de bien faire.

INFORMATIONS SUR LE QIPCO PRIX DU JOCKY CLUB

ll y a 33 ans, une édition de légende du QIPCO Prix du Jockey Club

Une édition mythique du Qipco Prix du Jockey Club a été mise en avant dans la bande annonce de l’événement. Celle de 1984, qui avait vu le sacre de Darshaan, devant Sadler’s Wells et Rainbow Quest. Pourquoi celle-ci en particulier ? Parce que les trois premiers sont devenus des étalons de renommée internationale, qui ont marqué la race du pur-sang. Une illustration parfaite du but ultime d’une épreuve comme le QIPCO Prix du Jockey Club, c’est-à-dire de sélectionner les futurs reproducteurs.

Revenons au mois de juin 1984.

Un jeune entraîneur, dont le nom ne figure pas encore au palmarès du Derby français, selle un poulain nommé Darshaan. Il vient de gagner les Prix Greffulhe et Hocquart, et ne compte qu’une défaite, le jour de ses débuts à 2 ans. Il est donc l’un des logiques favoris. Le professionnel, lui, se nomme Alain de Royer Dupré, et il entraîne les pensionnaires de Son Altesse l’Aga Khan depuis un peu plus d’un an seulement, suite à la disparition de François Mathet.

Si Darshaan a enlevé les Prix Greffulhe et Hocquart, il n’a pas fait le vide et affronte 16 chevaux, venus de France mais aussi d’Irlande ou d’Angleterre. Vincent O’Brien n’a pas hésité à présenter Sadler’s Wells, deuxième des Guinées irlandaises, alors que Rainbow Quest, pour la casaque Abdullah et l’entraînement de Jeremy Tree, va découvrir les 2.400 mètres après sa quatrième place sur le mile des Guinées de Newmarket.

Dans une course rythmée, Yves Saint-Martin a gardé Darshaan en queue de peloton. Rainbow Quest et Alain Lequeux ont également patienté, alors que Sadler’s Wells était monté près du groupe de tête. Le poulain de Robert Sangster a d’ailleurs fait figure de lauréat à l’entrée de la ligne droite, avant d’être fortement attaqué par Rainbow Quest, mais surtout par Darshaan. Celui-ci découvrait pour la première fois la cravache de son jockey et réagit en se détachant sûrement dans les cent derniers mètres.

Une empreinte indélébile.

Darshaan est entré au haras à la fin de son année de 3 ans. Parmi ses 471 produits gagnants en Irlande et à l’étranger, on compte le lauréat des 2.000 Guinées, Mark of Esteem, le gagnant de la Breeders’ Cup Turf, Kotashaan, et Dalakhani, victorieux dans le Prix du Jockey Club et le Prix de l’Arc de Triomphe en 2003. Les gagnants de Groupe I issus de filles de Darshaan comptent des chevaux comme Sendawar, High Chaparral, Islington, Zainta, Sulk, Alborada, Ebadiyla, Edabiya, Astarabad, Alexander Goldrun, Eagle Mountain, Sarafina, Lillie Langtry, Wavering

Sadler’s Wells, bien que battu ce jour-là, a pris sa revanche par production interposée. Il est devenu le plus grand étalon européen de son époque et le meilleur continuateur du légendaire Northern Dancer. Le cheval a produit 74 lauréats de Groupe 1 et ses fils sont devenus à leur tour des grands sires. Parmi ses produits les plus marquants, citons les noms de Galileo, Montjeu, High Chaparral, In the Wings, Old Vic, Salsabil, Opera House, El Prado, Barathea. Sadler’s Wells est mort à 30 ans, en 2011, dans son paddock irlandais à Coolmore Stud, où il a officié jusqu’en 2008.

Quant à Rainbow Quest, il a donné 18 lauréats de Groupe 1, dont Saumarez, Quest for Fame, Spectrum, Croco Rouge

Federico Tesio, l’un des plus grands éleveurs de pur-sang au monde, disait : « Le pur-sang est ce qu’il est grâce au Derby », évoquant le classique d’Epsom. Pourtant, c’est bel et bien les trois premiers du Prix du Jockey Club 1984 qui ont le plus marqué l’élevage de pur-sang du XXe siècle.